Il y a des moments où on sait quoi écrire sans y parvenir, et des moments où on a envie d'écrire sans savoir quoi. En ce moment, pour moi, c'est ça. C'est comme si j'avais atteint un tel niveau d'asservissement intellectuel que je ne peux plus écrire sans qu'on me donne un sujet. Les frontières du Cône Sud? Ok. La maladie avant Pasteur? Ok. Ecrire ce que tu veux? Euh...
Je suis fatiguée. On l'est tous. C'est comme si quelqu'un avait jeté un sort sur la France entière qui donnerait à tout le monde l'atroce sensation d'être sur le point de s'écrouler de fatigue malgré les heures de sommeil accumulées. Pas que je les accumule, mais je connais des gens qui le font et qui se sentent toujours mal. Alors je me demande si on ne va pas tous finir par s'endormir sur pied. Les ronces pousseront par dessus les vestiges de notre civilisation et, au loin, on entendra le ricanement sinistre de celui qui nous a fait ça.
En ce moment, j'ai plus envie de rien, et je me sens seule. Inexplicable dans la mesure où je le suis rarement, dans les faits. Je pense que je me sens juste hors du coup. C'est même pire: il n'y a aucun "coup" dans lequel je pourrais me sentir. Les gens ont leurs problèmes, mais ça les intègre quand même dans un système qui se rattache à de l'évènement, du passé, du futur, du prévisible et de l'imprévisible. Ma route à moi est tracée tout droit devant, il n'y aura pas de virage, il n'y a pas d'arbre pour me cacher la vue pour faire du suspens, et je sais très bien, en plus, que cette route ne mène strictement nulle part. Ça ne m'empêche pas de la suivre, en espérant que je vais finir par trouver un embranchement dans lequel m'engouffrer.
Alors hier, j'ai créé de l'évènement. Ma colle a été annulée, et au lieu de rentrer chez moi comme une bonne petite prépa bien sage pour réviser ma philo, j'ai juste "fais le mur". J'ai traîné au McCafé, j'ai mangé un coréen avec Sabine et ensuite je suis allée boire un verre à la Pirogue. Le couvre feu de l'internat a mis fin à la soirée vers 22h, mais bon sang ce que c'était agréable. Ça avait le goût de la transgression, du n'importe quoi. C'était chouette.
En fait, je crois juste que c'est l'effet Novembre. Novembre est, de l'avis d'un grand nombre de personne, le pire mois de l'année. Perso, je n'ai qu'un remède. Quand le froid tombe et que la brume rôde, une solution:

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